Milton Hyland Erickson est né le 5 décembre 1901 à Aurum, dans le Nevada, et décède le 25 mars 1980 à Phoenix, dans l’Arizona. Il était psychologue et psychiatre, et va jouer un rôle très important dans l’avancée de l’hypnose, mais aussi dans le coaching de vie : voici comment.
Erickson contracte, à l’âge de 17 ans (1919), une forme grave de poliomyélite. Un soir, alors qu’il souffre atrocement dans son lit, un médecin annonce à sa mère que ce soir sera sa dernière nuit… Ayant entendu cet affreux verdict, Milton demande à sa mère de déplacer son lit face à la fenêtre afin de pouvoir observer son dernier coucher de soleil. Milton Erickson raconte que c’est à ce moment qu’il a vécu une « auto-hypnose », car il avait réussi à faire abstraction de tout ce qui obstruait la vue de ce spectacle, tel que l’arbre ou la barrière, pour ne voir que ce soleil descendre jusqu’à disparaître, sans rien en manquer. Il plongera par la suite dans un coma de 3 jours duquel il sortira entièrement paralysé : seuls la vue et le langage ont été préservés. C’est à ce moment-là que notre futur psychiatre va développer ses capacités d’observation, qui vont lui permettre de décortiquer le langage non verbal et de remarquer qu’une personne peut dire oui verbalement et non via le corps, de façon simultanée.
Le jeune homme va donc « s’auto-observer » pendant des heures, et ce durant des jours. Grâce à ses multiples observations et analyses, il va mettre en place sa rééducation en redécouvrant et en ré-adaptant l’hypnose de l’époque. Malgré de nombreuses et lourdes séquelles, il remarchera à l’aide de béquilles, tout en s’inscrivant simultanément en médecine et en psychologie à l’université du Wisconsin.
Milton Erickson participera, lors de sa troisième année de médecine, à un séminaire sur l’hypnose mené par Clark Hull (psychologue expérimental qui a fait le lien avec l’hypnose). Erickson va alors mener ses propres recherches et développer ses propres représentations de l’hypnose, telles que l’induction permissive et indirecte, à l’opposé de l’induction standard utilisée par Hull — et c’est à partir de là que la relation entre les deux hommes va se dégrader.
Milton obtient son doctorat en médecine en même temps que sa maîtrise en psychologie, en 1928, au Colorado Psychopathic Hospital, où on lui interdira l’usage de l’hypnose et même de la mentionner.
C’est entre 1930 et 1934, alors qu’il est médecin-chef au service de recherche de l’hôpital d’État de Worcester, qu’il peut reprendre ses recherches sur l’hypnose. En 1934, après son divorce (il a eu 3 enfants de son premier mariage), il devient directeur de la recherche psychiatrique à l’hôpital Eloise, aussi appelé Wayne County Hospital, dans le Michigan. Il se remariera avec une psychologue, Elisabeth Moore, avec qui il aura 5 enfants ; c’est dans le Michigan qu’Erickson réalisera la majorité de ses expériences portant sur l’hypnose.
Le psychiatre a pour conviction que chaque être humain possède, à l’intérieur de lui, toutes les ressources nécessaires pour affronter ses problématiques. Pour Milton Erickson, chaque personne doit être accompagnée de façon personnalisée pour répondre à ses besoins propres. Pour lui, il n’y a de thérapie que si le thérapeute réussit à découvrir ce qui correspond à une personne précise, à un moment précis : il innovait donc à chaque accompagnement. L’observation est, pour Erickson, indispensable — mais attention, une observation sans jugement, sans préjugés. En hypnose, le langage non verbal est aussi important, si ce n’est plus, que le langage verbal, d’où la nécessité de développer sa capacité d’observation.
Milton croit profondément en l’existence de l’inconscient : pour lui, c’est la source d’énergies nouvelles dont le patient ne connaît pas l’existence, et auxquelles il devra laisser bien plus de place, ce qui mènera au changement. Cet inconscient, considéré comme un sujet agissant différemment du moi conscient, Milton le définit comme « l’évocation et l’utilisation des apprentissages inconscients », qu’il relie à sa compréhension de l’hypnose.
Milton Erickson est considéré comme le patriarche des thérapies brèves, car il a beaucoup inspiré plusieurs approches thérapeutiques telles que, bien entendu, l’hypnose ericksonienne, mais aussi les thérapies brèves de Palo Alto, ou encore la P.N.L (Programmation Neuro-Linguistique).
J’espère, par l’intermédiaire de ces quelques lignes, vous avoir permis de mieux connaître qui était M. Milton Erickson.
Emeline BRAILLON
Votre coach de vie orientée solution